Dans le lean manufacturing, les consultants lean constatent souvent que la surproduction a l'impact le plus important sur le succès de l'entreprise. Chaque fois qu'une pièce, un sous-ensemble ou un produit final est fabriqué sans pouvoir être utilisé ou vendu, faute de client (interne ou externe), l'entreprise a créé du gaspillage de surproduction.
En plus du coût direct pour l'entreprise, le gaspillage de surproduction peut aussi contribuer aux gaspillages liés aux stocks ou au transport, aggravant la destruction de valeur pour l'entreprise.
Le gaspillage de surproduction peut survenir lorsque des pièces, des sous-ensembles ou des produits sont fabriqués alors qu'ils ne sont pas nécessaires, mais aussi lorsque des articles sont produits avant d'être nécessaires. Afin de réduire la surproduction qui crée des stocks dormants, les entreprises délaissent la fabrication « au cas où » (Just in Case) pour la fabrication « juste-à-temps » (Just in Time).
Ce changement lisse les flux de travail et peut réduire considérablement les investissements en stocks d'en-cours (WIP). La réduction des stocks d'en-cours libère du capital à investir dans d'autres secteurs comme l'automatisation et les machines et technologies modernes, accélérant ainsi l'avantage concurrentiel.

Trois étapes sont couramment recommandées pour s'attaquer à la surproduction. Premièrement, l'utilisation du temps takt aide à équilibrer la cadence de fabrication entre les postes de production. Deuxièmement, s'attaquer aux temps de mise en course est essentiel à la réduction de la surproduction. En les rendant aussi courts que possible, il devient rentable de réduire significativement la taille des lots de production, de sorte que la surproduction soit moins probable. Troisièmement, vous pouvez mettre en place un système « tiré » (pull) ou un système Kanban pour contrôler strictement les en-cours.
De nombreuses organisations volent encore « à l'aveugle », fabriquant pièces, sous-ensembles ou produits finis à un rythme constant indépendamment de la demande interne ou externe. Le résultat est le gaspillage de surproduction.
Ce gaspillage de surproduction peut être dû à :
- des temps de mise en course longs, menant à privilégier de longues séries de production
- la fabrication « au cas où » d'articles nécessaires en interne ou en externe
- une mauvaise compréhension des besoins du client
- produire pour une prévision plutôt que d'avoir des stocks « tirés » au besoin
- des changements de conception alors que les designs existants sont en production
- une automatisation mal implantée

Les meilleures pratiques pour réduire le gaspillage de surproduction en lean manufacturing incluent le fait de « travailler du client final vers l'amont » afin que toute la production profite d'abord au client final. Aboutir à un « système tiré » de la fin vers le début peut éliminer pratiquement tout le gaspillage de surproduction. On voit cependant qu'il faut éliminer des choses comme les temps de mise en course et les goulots d'étranglement pour que le flux soit flexible d'un bout à l'autre.
C'est ainsi qu'on élimine le gaspillage de surproduction en lean manufacturing.
« La surproduction ne survient pas qu'à l'atelier. Produire des rapports imprimés qui n'apportent pas d'enseignements actionnables parce qu'ils ne sont pas lus, qu'ils ne sont pas opportuns ou qu'ils n'ont pas l'information nécessaire pour prendre de bonnes décisions, c'est aussi une forme de surproduction. Utiliser des capteurs d'usine en réseau pour recueillir de l'information en temps réel pouvant être présentée dans des tableaux de bord personnalisés offrant une information rapide et actionnable peut réduire la surproduction de bureau et conduire à un ROI rapide. » - Mathieu Pepin
Les huit gaspillages du lean manufacturing peuvent être mémorisés à l'aide de l'acronyme DOWNTIME :
Lire Types de gaspillages en lean manufacturing - Partie 3 - Attente
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