Dans pratiquement tous les secteurs manufacturiers en Amérique du Nord, et particulièrement dans l'alimentaire, il y a un grand défi : recruter et retenir une main-d'œuvre compétente. Malgré toutes les avancées technologiques dans les procédés, les employés restent extraordinairement importants pour maintenir les procédés critiques, et ils deviennent plus difficiles à trouver.
Selon un rapport du Conference Board, la demande de postes débutants en cols bleus dans l'agroalimentaire, la fabrication, la construction et secteurs similaires augmente régulièrement depuis le creux de 2008 (crise financière). En fabrication seulement, 57 % des 3,5 millions de postes prévus d'ici 2025 ne seraient pas comblés.
Selon Gad Levanon, auteur principal du rapport, « comparés à il y a quelques années, les cols bleus sont maintenant beaucoup plus susceptibles de connaître une croissance rapide des salaires ».
Même avec ces hausses, les postes débutants de cols bleus tendent à être moins payants que d'autres secteurs de travailleurs peu qualifiés comme la construction. Les travailleurs manufacturiers relativement peu qualifiés ont donc d'autres options, et le roulement sur les planchers d'usine est élevé et tend à le devenir davantage.
Pas étonnant que recruter et retenir une main-d'œuvre adéquate soit difficile, particulièrement en fabrication alimentaire. Les fabricants doivent rivaliser pour développer des méthodes qui améliorent leurs perspectives en col bleu. Si le salaire de base bouge peu, d'autres programmes peuvent être créés pour attirer et retenir plus de candidats.
Selon Daniel Pink, dans son livre Drive, au-delà d'un salaire raisonnablement compétitif, trois facteurs motivent (et retiennent) les employés :
Autonomie — le désir d'autodétermination.
Maîtrise — l'envie d'améliorer ses compétences.
Sens — le désir d'accomplir quelque chose perçu comme important.
Heureusement, ces leviers s'alignent avec l'industrie 4.0 et la main-d'œuvre 4.0
Les procédés d'amélioration continue reposent sur l'implication des travailleurs. Pour la faciliter, les travailleurs ont besoin d'information actionnable pour prendre de bonnes décisions. Les initiatives 4.0 comme Smart Factory Analytics donnent aux opérateurs l'information dont ils ont besoin pour gagner en autonomie dans leurs décisions.
Misez sur les personnes et la culture pour mener la transformation

Image — courtoisie PwC, Industry 4.0 ; Building the digital enterprise
Le rapport PwC Industry 4.0 : Building the digital enterprise dégage 8 grands constats, dont : « Nos répondants disent que leur plus grand défi d'implantation n'est pas la bonne technologie, mais le manque de culture numérique et de compétences dans leur organisation. Les entreprises industrielles doivent développer une culture numérique robuste et s'assurer que le changement est piloté par un leadership clair de la haute direction. » Autrement dit, les entreprises qui investissent dans la formation au moment d'implanter les technologies 4.0 prennent l'avantage sur leurs concurrents et constatent que leurs travailleurs atteignent la maîtrise — et sont donc plus motivés et moins susceptibles de partir.
Les employés impliqués dans des déploiements de lean manufacturing aident à piloter d'importants changements de durabilité dans leur travail. C'est une façon pour les cols bleus de sentir qu'ils font une plus grande différence, qu'ils trouvent du sens dans leur travail quotidien.
Un facteur qui contribue au défi du recrutement, particulièrement dans l'alimentaire, c'est le manque d'information sur ce à quoi ressemblera l'avenir proche. Durabilité, lean manufacturing, amélioration continue et industrie 4.0 sont des initiatives portées par les leaders manufacturiers.
Mobiliser les travailleurs par l'autonomisation, offrir la maîtrise par la formation et un sens plus large par la durabilité et l'investissement dans leur carrière, voilà ce qui peut faire la différence pour disputer une main-d'œuvre rare.
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