Historique
Dans un sondage Deloitte de 2019, près de 81 % des répondants ayant mené des programmes d’amélioration ont rapporté ne pas avoir atteint leurs cibles de réduction de coûts. Parmi ceux qui ont raté la cible, 65 % l’ont ratée de 25 % ou plus. Et ce constat n’est pas nouveau. Le professeur de Harvard John Kotter rapportait dans son livre de 1996, Leading Change, que seulement 30 % des programmes d’amélioration réussissent. Cela signifie qu’au fil des années, environ 60 à 70 % des programmes d’amélioration continue ont échoué ou n’ont eu qu’un succès limité.
Le modèle classique
Le modèle classique d’amélioration continue intègre des étapes conçues pour mener au succès :
- Identifier les occasions d’amélioration
- Étudier les procédés et évaluer les économies potentielles
- Sélectionner un problème à analyser
- Analyser le problème et définir des actions
- Mettre en œuvre / passer à l’action
- Mesurer les résultats / évaluer l’approche
- Surveiller la performance / s’assurer que les changements tiennent
- Planifier la suite / identifier de nouveaux défis
Cette liste est une déclinaison du cycle PDCA (Plan-Do-Check-Act) du Dr W. Edwards Deming. C’est une belle liste, mais à la lumière des statistiques ci-dessus, il manque quelque chose.
Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?
La question vient naturellement : « Pourquoi tant de programmes d’amélioration continue échouent-ils ? »
La réponse réside dans l’incapacité à bien exécuter les activités qui soutiennent ces étapes : communication, usage de la technologie et exercice de l’autorité. Voici cinq facteurs importants susceptibles de couler même le programme le mieux planifié.
Facteur 1 : un programme d’amélioration continue en titre seulement
Souvent, un programme est lancé, une équipe est nommée et une annonce est faite sur les objectifs. Mais ensuite, l’équipe-projet est abandonnée à elle-même tandis que la haute direction passe à autre chose et oublie le programme. Les employés comprennent vite que le projet n’a pas l’appui de la direction, et ils ne le soutiennent pas non plus.
Facteur 2 : l’équipe d’amélioration manque d’autorité
Si une équipe est créée mais n’a pas l’autorité suffisante pour faire des changements, elle se décourage vite et le projet stagne. Chaque projet doit comporter un mécanisme garantissant que les améliorations sont mises en œuvre.
Facteur 3 : ne pas intégrer les technologies avancées dans les méthodologies de projet
Peut-être l’élément le plus essentiel d’un programme d’amélioration réussi est l’usage d’outils et techniques appropriés pour la collecte et l’analyse des données. Historiquement, les données étaient collectées manuellement et traitées par des analystes, ce qui créait un délai entre les événements et l’identification des problèmes. Aujourd’hui, des outils puissants soutiennent l’amélioration : capteurs en ligne, suivi machine et analytique avancée, qui montrent où sont les problèmes et orientent vers les solutions.
Facteur 4 : la direction ne lève pas les obstacles à l’atteinte des objectifs
Une fois les occasions identifiées, l’équipe doit mettre en œuvre les refontes de procédés requises. Ces changements touchent souvent plusieurs lignes de responsabilité. Des pressions organisationnelles peuvent freiner ces changements. Pour réussir, l’équipe doit pouvoir compter sur la direction pour lever les obstacles.
Facteur 5 : ne pas obtenir de succès à court terme et ne pas les communiquer
Sécuriser des « gains rapides » à court terme est essentiel au succès global de l’équipe. Dès qu’un programme démarre, employés et direction observent si l’équipe peut produire de vrais résultats. Bâtir une réputation de changements et d’améliorations réels est clé pour démontrer l’efficacité. Des victoires à court terme y contribuent.
Une des méthodes les plus efficaces pour identifier ces occasions est l’usage de données temps réel issues d’un suivi équipement ciblé et d’une analytique intelligente. Des capteurs fixés aux équipements transmettent sans fil les données aux ordinateurs et fournissent à l’équipe l’information nécessaire. Les données sont traitées par une analytique intelligente qui met en évidence les zones à surveiller. Ces outils sont un élément crucial de tout programme d’amélioration continue.
Conclusion
Lancer un programme d’amélioration continue est nécessaire dans le marché concurrentiel actuel. S’engager dans la réduction des coûts, la rapidité d’exécution des commandes, la qualité et le raccourcissement des cycles de production donne une urgence à tout programme. Un programme réussi doit reposer sur une excellente communication, des objectifs clairs, une autorité suffisante et les meilleurs outils et technologies disponibles.
Les données de performance en temps réel et l’analytique d’usine intelligente offrent à la fois des indices pour des améliorations à court terme et des outils pour mesurer le succès à long terme. Le modèle classique d’amélioration continue est excellent, mais il doit être soutenu par les meilleures technologies numériques. Combiner l’approche classique à la technologie d’usine intelligente donne à toute équipe d’amélioration sa meilleure chance de réussir.











