Souvent associé au lean manufacturing, à l'amélioration continue et au système Kaizen, le VSM (Value Stream Mapping ou cartographie de la chaîne de valeur) est un précieux outil d'amélioration continue. Si simple qu'il peut être réalisé avec un stylo et du papier, un VSM se présente souvent comme un organigramme d'une page listant chaque procédé, en remontant du client jusqu'à la matière première. Bien que destiné principalement au manufacturier, le caractère archétypal du VSM a aussi mené à son adoption dans des secteurs allant des soins de santé au développement logiciel.
L'objectif du VSM est d'identifier et d'établir les coûts de chaque étape nécessaire pour livrer de la valeur à un client. Ici, la valeur est définie comme tout ce qu'un client achète directement, qu'il s'agisse d'un produit, d'un service ou d'un produit-service. Tout ce qui ne contribue pas directement à la valeur est considéré comme du gaspillage et doit être éliminé. Dans cette logique, même les contrôles qualité et la maintenance constituent du gaspillage, car ils sont adjacents à la livraison effective de valeur au client. Bien que ce type d'analyse strict puisse sembler excessivement rigide et simpliste, il crée une image précieuse de la façon dont toutes les parties de l'entreprise interagissent, et dans quelle mesure, afin de mieux déterminer où apporter des améliorations à l'efficacité.
L'un des avantages d'une concentration intense sur les coûts et les bénéfices est que des avenues jusque-là inexplorées peuvent être révélées pour mieux rationaliser la production. Par exemple, définir le contrôle qualité et la maintenance comme du gaspillage peut inciter une entreprise à intégrer un système IIoT (Internet industriel des objets) dans son usine. Grâce à l'IIoT, un fabricant pourrait utiliser des capteurs et une rétroaction en temps réel pour automatiser des procédés et réduire considérablement les coûts. Ne pas définir ces procédés comme gaspilleurs pourrait amener une entreprise à ignorer des points de douleur majeurs qui pourraient être réglés par des systèmes nouveaux et avancés.
Alors que d'autres systèmes comme Six Sigma utilisent aussi des cartes de procédés, le VSM va plus loin avec des concepts qui offrent une vue d'ensemble de l'organisation. Il affiche une profondeur et une étendue de procédés plus larges que les autres cartes de procédés, comprenant souvent entre cinq et dix cases. Il inclut aussi les systèmes d'information et de gestion sous-jacents qui soutiennent la production, une part énorme de la production souvent ignorée lors de la cartographie. De plus, le VSM élargit l'échelle, en englobant à la fois la réception des matières premières et la livraison des produits finis dans la chaîne d'approvisionnement. Cela met en lumière à la fois des points de valeur additionnels et des endroits où des coûts indus peuvent être corrigés. Les enseignements tirés du VSM sont destinés à être utilisés dans la planification de projets, de procédés et d'initiatives d'amélioration continue futurs ; ils finissent donc nécessairement par être plus avancés que la carte de production moyenne.
Le VSM devient extrêmement important à mesure que le manufacturier, et particulièrement le manufacturier agroalimentaire, devient de plus en plus concurrentiel dans un marché mondial. Avec des ventes à faible coût et à fort volume, pouvoir poser un regard avisé sur les endroits où une entreprise gagne et perd, et agir sur ces constats, est absolument nécessaire ; et le VSM est un outil de planification puissant. Que ce soit pour des initiatives d'amélioration continue ou l'évaluation de la chaîne d'approvisionnement, peu d'outils sont aussi complets pour gérer une entreprise à tous les niveaux.











